La migration interrégionale au Québec en 2014-2015 : les plus forts gains dans les Laurentides, les pertes les plus marquées sur la Côte-Nord

Québec, le 9 mars 2016 – Entre le 1er juillet 2014 et le 1er juillet 2015, 190 500 personnes ont changé de région administrative de résidence, soit 2,4 % de la population québécoise. La propension à migrer poursuit sa tendance à la baisse, un phénomène notable dans la plupart des groupes d’âge. La région des Laurentides demeure grandement favorisée dans ses échanges migratoires avec les autres régions. Elle enregistre un solde migratoire interrégional de 5 000 personnes, des gains équivalant à 0,87 % de sa population. Ce taux, en hausse par rapport à l’année 2013-2014, surpasse de loin celui des autres régions. À l’inverse, la Côte-Nord affiche les pertes relatives les plus importantes (– 1,42 %). En nombre absolu, son déficit se chiffre à – 1 350 personnes, des pertes plus marquées qu’au cours de l’année précédente. Ces résultats sont tirés du bulletin Coup d’œil sociodémographique, numéro 46, publié aujourd’hui par l’Institut de la statistique du Québec.

Montréal demeure déficitaire dans ses échanges migratoires avec les autres régions, mais ses pertes se réduisent pour une cinquième année consécutive : son solde migratoire se situe à – 14 600 personnes en 2014-2015 (– 0,77 %), comparativement à – 23 600 personnes en 2009-2010 (– 1,28 %). Cette évolution est attribuable à une baisse du nombre de personnes qui quittent Montréal, notamment en direction des régions qui lui sont adjacentes.

Lanaudière et Laval ont vu leurs gains se réduire en 2014-2015, ce qui poursuit la tendance observée depuis quelques années. Chaudière-Appalaches se distingue au contraire par une nette amélioration de son solde migratoire. À l’instar de la Côte-Nord, les autres régions plus éloignées des grands centres demeurent déficitaires dans leurs échanges migratoires internes. Si les pertes sont de moindre ampleur que l’année précédente dans le Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et dans le Nord-du-Québec, le déficit s’est plutôt creusé au Saguenay–Lac-Saint-Jean et en Abitibi-Témiscamingue.

À l’échelle des MRC, Mirabel, dans les Laurentides, affiche le meilleur bilan migratoire pour une quatrième année consécutive (3,09 %). D’autres MRC situées au nord de Montréal, dans les Laurentides ou Lanaudière, enregistrent aussi des gains de plus de 1 %, notamment La Rivière-du-Nord et Montcalm. Il en est de même de La Jacques-Cartier, au nord de Québec. Brome-Missisquoi, en Montérégie, et Memphrémagog, en Estrie, font également partie des MRC les plus favorisées au chapitre des migrations internes. À la différence de plusieurs MRC de la périphérie des grands centres, qui profitent des migrations familiales, ces deux MRC sont surtout avantagées par la migration des personnes atteignant l’âge de la retraite. Dans les régions plus éloignées des grands centres, la MRC de Rimouski-Neigette est l’une des seules à faire des gains dans ses échanges migratoires internes en 2014-2015 (0,52 %). Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, en Abitibi-Témiscamingue et sur la Côte-Nord, toutes les MRC sont déficitaires. Caniapiscau, sur la Côte-Nord, est celle où les pertes sont proportionnellement les plus marquées (– 4,71 %).

Plusieurs données complémentaires sur la migration interrégionale, dont des données par groupe d’âge, sont disponibles sur le site Web de l’Institut.

La migration interne est une composante importante du bilan démographique des régions administratives et des MRC. D’autres composantes agissent toutefois pour faire varier la taille de leur population. Ces autres composantes sont l’accroissement naturel, soit la différence entre les naissances et les décès, de même que les migrations interprovinciales et internationales. Dans certaines régions, comme Montréal et le Nord-du-Québec, le solde migratoire interrégional est négatif, mais la population continue d’augmenter puisque d’autres facteurs d’accroissement compensent les pertes migratoires internes.

 


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Sources :

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