Rémunération globale des salariés de l’administration québécoise depuis 2009 : affaiblissement par rapport aux autres salariés québécois, mais parité avec le secteur privé

Montréal, le 30 novembre 2017. – En 2017, les salariés de l’administration québécoise1 gagnent un salaire inférieur de 13,9 % à celui des autres salariés québécois qui travaillent au sein d’entreprises employant 200 personnes et plus. Ils reçoivent également un salaire plus faible que celui des employés du secteur privé (– 10,2 %). Sur le plan de la rémunération globale, qui inclut à la fois le salaire, les avantages sociaux et les heures de présence au travail, l’administration québécoise affiche un retard de 8,6 % par rapport à l’ensemble des autres salariés québécois; la parité est toutefois notée vis-à-vis du secteur privé. C’est ce qui ressort, entre autres, du rapport Rémunération des salariés. État et évolution comparés 2017 de l’Institut de la statistique du Québec, rendu public aujourd’hui.

La situation de l’administration québécoise est meilleure sur le plan de la rémunération globale que sur celui du salaire en raison d’une semaine normale de travail plus courte et d’un nombre d’heures chômées payées (congés) plus élevé. Les heures de présence au travail, obtenues en retranchant les heures chômées payées des heures normales, sont donc moins nombreuses dans l’administration québécoise.

Les débours pour les avantages sociaux dans l’administration québécoise, qui représentent 25,4 % du salaire, sont inférieurs à ceux des employeurs des autres salariés québécois (27,0 %), mais plus élevés que ceux du secteur privé (24,2 %).

Les écarts sont calculés sur la base de 76 emplois repères représentatifs de la structure de l’effectif de l’administration québécoise et comparables aux emplois des différents segments du marché du travail. Les emplois utilisés sont répartis dans cinq catégories : les professionnels, les techniciens, les employés de bureau, les employés de service et les ouvriers. Les emplois repères des catégories des techniciens et des employés de bureau représentent respectivement 26 % et 37 % de l’effectif total comparé dans l’administration québécoise.

De 2016 à 2017, la situation comparative de l’administration québécoise est demeurée stable par rapport à celle de l’ensemble des autres salariés québécois et du secteur privé, tant sur le plan salarial que sur celui de la rémunération globale.

Les résultats prennent en compte la signature, au cours de l’année 2016, de nouvelles conventions collectives s’appliquant à la majorité des employés de l’administration québécoise. Les employés visés par ces ententes ont reçu, le 1er avril 2017, un ajustement de leur structure salariale de 1,75 %. Les conventions collectives de certains groupes d’employés, qui concernent notamment des emplois repères de la catégorie des professionnels, n’étaient toujours pas signées au moment de la production du rapport.

Par contre, entre 2009 et 2017, la situation comparative de l’administration québécoise s’est généralement affaiblie en regard de celle des autres salariés québécois et du secteur privé. En effet, le retard salarial de l’administration québécoise est plus important en 2017 qu’en 2009; les écarts passent respectivement de – 8,7 % à – 13,9 % et de – 6,0 % à – 10,2 % durant la période. Sur le plan de la rémunération globale, le même constat est fait par rapport aux autres salariés québécois; l’écart passe de – 3,7 % en 2009 à – 8,6 % en 2017. Vis-à-vis du secteur privé, la situation comparative de l’administration québécoise est demeurée relativement stable.

Perspectives plus faibles pour l’année 2018 en raison de l’inflation

L’Institut établit, sur la base des conventions collectives du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale et des enquêtes de maisons d’experts-conseils, que les salariés québécois (syndiqués et non syndiqués) bénéficieraient d’une augmentation moyenne de leurs échelles salariales de 1,8 % en 2017 et de 1,9 % en 2018. Les salariés syndiqués obtiendraient des augmentations moyennes de 1,8 % en 2017 et de 2,0 % en 2018. En ce qui concerne les non-syndiqués, ils obtiendraient un taux identique en 2017 et en 2018 (1,8 %). Selon les prévisions d’évolution de l’inflation actuellement disponibles (1,0 % en 2017 et 1,6 % en 2018), l’ensemble des salariés québécois devraient connaître un gain de pouvoir d’achat pour chacune de ces deux années, mais ce gain serait plus élevé en 2017 qu’en 2018 (0,8 point contre 0,3 point de pourcentage).

 

1. Ce secteur inclut la fonction publique québécoise et les réseaux publics de l’éducation et de la santé et des services sociaux. Les organismes à caractère public, par exemple les sociétés d’État, sont exclus; ils font partie du secteur « entreprises publiques ».


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Sources :

  • Nadège Jean
    Coordonnatrice, études sur la rémunération
    Direction des statistiques du travail et de la rémunération
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