Avertissement et limites

Dans cet exercice perspectif, le scénario de référence ne doit pas être interprété comme la prévision d’un futur attendu, mais bien comme la projection d’un futur possible, sous l’hypothèse d’une poursuite ininterrompue des tendances récentes. Comme les phénomènes démographiques sont, par nature, plus ou moins volatils, particulièrement à l’échelle des municipalités, la réalisation effective de ce scénario demeure incertaine. De plus, la mesure même de la tendance récente des phénomènes démographiques peut poser problème pour les petites populations. C’est pourquoi la diffusion des résultats est limitée aux municipalités de 500 personnes et plus au 1er juillet 2011.

Il est aussi important de noter que ces projections ne prennent pas en compte les contraintes d’aménagement qui pourraient limiter la croissance de la population et des ménages d’une municipalité (ex. : Sainte-Marthe-sur-le-Lac). Elles n’intègrent pas non plus les diverses perspectives microéconomiques qui pourraient favoriser ou non la croissance démographique d'une municipalité donnée (ex. : Port-Daniel).

Méthodologie

La projection de la population des municipalités est fondée sur une méthode différente de celle des régions administratives et des MRC. Ces dernières projections utilisent la méthode classique dite « des composantes », où les divers phénomènes démographiques (fécondité, mortalité, migration) sont appliqués séparément et successivement pour faire évoluer la population par âge du temps (t) à (t+1) dans un modèle multirégional. La projection à l’échelle des municipalités utilise quant à elle une adaptation de la méthode des « taux de passage1 », où l’évolution future des cohortes quinquennales est basée sur la progression de leur effectif lors des années passées. Ainsi, si les 20-24 ans d’une municipalité donnée comptaient 100 personnes en 2006 et qu’en 2011 la même cohorte (soit les 25-29 ans) comptait 120 personnes, on calculera que le taux de passage à appliquer aux 20-24 ans de cette municipalité sera de + 20 %.

La méthode des taux de passage est imparfaite dans le sens où la croissance d’une cohorte est intrinsèquement liée à son effectif de départ. Ainsi, la croissance peut devenir exponentielle en dépit d’un bassin d’entrants potentiels pourtant limité. Dans l’adaptation de cette méthode employée ici, ce problème est contourné en limitant progressivement les taux de passage dans le temps, mais également en ajustant les effectifs obtenus dans chaque groupe d’âge sur le total préalablement obtenu dans la projection par MRC. La présente projection par municipalité est donc imbriquée à celle des MRC et la somme de la population des municipalités d’une même MRC est, tel qu’attendu, égale à la population de cette MRC, et ce pour chaque groupe d’âge.

Pour réduire le plus possible la fluctuation aléatoire ou la poursuite de tendances ponctuelles sur le long terme, les taux de passage utilisés sont basés sur la moyenne de ceux observés d’une part de 2001-2003 à 2006-2008 et, d’autre part, de 2006-2008 à 2011-2013, pour les deux sexes réunis. Les taux de passage de la plus récente période (2006-2008 à 2011-2013) sont surpondérés (deux fois le poids de la période 2001-2003 à 2006-2008) de manière à reproduire davantage la tendance plus récente. Les valeurs extrêmes sont ajustées de manière à ne pas s’écarter de l’intervalle compris entre le 2e et le 98e centile des valeurs observées parmi les 1 188 municipalités, et ce pour chaque groupe d’âge à l’exception des 15-19 ans pour qui le taux de passage vers les 20-24 ans est appliqué directement. La limitation de valeurs extrêmes est basée sur l’hypothèse que les croissances ou décroissances extrêmes observées pour une cohorte peuvent difficilement se reproduire telles quelles à la période suivante, sauf pour les 15-19 ans qui évoluent vers 20-24 ans dans un contexte de forte mobilité ayant des fondements plus systémiques (départs vers lieux d’étude ou de travail) et qui peut davantage se répéter sur le long terme.

Les 0-4 ans sont obtenus par l’utilisation normale du module de projection de la fécondité, et les paramètres de cette composante sont basés sur les taux de fécondité de la période 2006-2013 calculés par grappe de municipalités voisines atteignant une population minimale d’environ 2 500 personnes. Ces regroupements sont nécessaires pour obtenir des taux statistiquement robustes. Dans certaines communautés autochtones, la forte fécondité permet de calculer des taux robustes à partir de populations inférieures à 2 500.

Dans les petites municipalités où la population moyenne d’une cohorte quinquennale en début de période est inférieure à 25, le taux de passage de la MRC est appliqué. Cela équivaut donc à faire évoluer les très petites cohortes de certaines municipalités au même rythme que leur MRC. Lorsque le nombre est égal ou supérieur à 25, les taux de passage spécifiques par cohorte et municipalité sont appliqués jusqu’au groupe des 80-84 ans (passant à 85-89 ans). Ensuite, à partir de 85-89 ans, la population évolue selon les taux de passage calculés à l’échelle des MRC. Ceci pose l’hypothèse que les 85 ans et plus de toutes les municipalités d’une même MRC évoluent au même rythme. Les taux de passage des 0-4 ans sont obtenus en comparant les naissances de 2006-2011 à la population des 0-4 ans observée en 2011 dans les grappes de municipalités utilisées pour le calcul de la fécondité.

Finalement, un ajustement spécial est effectuée sur un petit nombre de municipalités afin d’éviter que certaines municipalités accaparent une trop grande part de l’accroissement future à l’intérieur d’une MRC (Marieville [MRC 55], Ange-Gardien [MRC 55], Sainte-Marthe-sur-le-Lac [MRC 72]) ou que l’évolution d’une cohorte soit trop influencée par sa taille initiale (taux de passage des 10-14 vers 15-19 à Sainte-Thérèse [MRC 73] et Montréal [MRC 66]).

La municipalité de Notre-Dame-des-Anges [MRC 23] est traitée de manière particulière étant donnée sa vocation spéciale de centre hospitalier. Sa population est projetée à l’intérieur de la municipalité voisine de Québec, dont elle est extraite une fois la projection terminée sous l’hypothèse d’une population fixe correspondant à la moyenne de la période 2006-2013. Cette population est incorporée dans la catégorie résiduelle (Autres municipalités de la MRC <500 en 2011) de la MRC 23.

Les ménages privés

Les ménages privés sont dérivés de la population projetée en appliquant des taux de personne-référence par groupe d’âge, calculés par municipalité à partir des données tirés du Recensement de 2011 et des estimations de population corrigées du sous-dénombrement net. Lorsque la population d’un groupe d’âge est trop petite pour calculer un taux robuste, celui de la MRC est utilisé. Le nombre de ménages est projeté en date du 1er juillet de l’année et il implique une imputation pour certains territoires partiellement dénombrés où le nombre de ménages est inconnu. Le nombre de ménages au départ de 2011 diffère donc légèrement du total publié au jour du recensement (10 mai 2011).

 

1. Cette méthode proposée initialement par Hamilton et Perry (1962) est appelée « Cohort Change Ratio » en anglais.

 

24 février 2015

 

 

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