Marion et Zacharie sur la route

 

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En regardant la télévision ou en écoutant la radio, on entend souvent les animateurs dire qu’«  ils sont en période de sondage », qu’«  ils attendent avec impatience le résultat des cotes d’écoute des émissions », qu’« ils ont festoyé très tard la veille, parce que c’était le dévoilement des résultats des sondages BBM ». T’es-tu déjà demandé comment on s’y prenait pour évaluer quelles émissions de télévision les gens regardent ou quelles stations de radio ils écoutent? Zacharie et moi, on voulait en savoir plus sur le sujet. Alors, on est allés rencontrer M. Robert Langlois, vice-président de la firme de sondage BBM. Par la suite, afin de mieux comprendre l’utilité de ces sondages pour les gens de la radio et de la télévision, on a rendu visite à Mme Johanne Cloutier, productrice déléguée de la radio Énergie 94,3, ainsi qu’à Mme Marie Comtois, directrice des canaux spécialisés et de la recherche de TVA ventes et marketing inc. Ce fut une très, très belle journée…

Juin 2004

BBM

6 h – Gare d’autocars de Sainte-Foy

Marion, je ne peux pas croire que je me suis levé à 4 h 30 ce matin! Moi, un ado normal et sain d’esprit! J’ai même inquiété ma mère! Elle s’est levée trois fois pour me demander si tout allait bien! si je n’étais pas malade!

Zacharie! Zacharie! Arrête, tu vas me faire pleurer! Il y a des choses pires qu’un ado qui s’est levé tôt un matin! Tu auras juste à faire un petit somme dans l’autocar tout à l’heure. De toute façon, tu auras tout le temps. Le trajet dure presque trois heures.

Au moins, il fait beau! Ah! Regarde Marion, l’autocar arrive!

8 h 50 – Arrivée au terminus d’autocars de Montréal

Marion, le premier rendez-vous est à quel endroit, au juste?

On est attendus chez BBM à 9 h 30 et les bureaux sont situés sur la rue Peel, près de la rue Sherbrooke. On rencontre le vice-président, M. Langlois.

On est mieux de prendre un taxi, ça va être plus rapide!

O.K.

9 h 15On arrive chez BBM. En entrant dans les locaux, on est frappés par la centaine de rapports entassés dans des bibliothèques placées de chaque côté du couloir. M. Langlois nous reçoit dans une grande salle de réunion.

R.L. Bonjour, Marion et Zacharie! Ça me fait plaisir de vous accueillir dans les locaux de BBM. Comme ça, vous vous intéressez aux mesures de l’auditoire! Je vais faire de mon mieux pour répondre à vos questions le plus clairement possible. Quand vous êtes prêts, on peut commencer.

O.K. On commence. J’ai trouvé mes questions. Premièrement, je voudrais savoir ce que veut dire l’abréviation BBM?

R.L. BBM représente la première lettre de chaque mot constituant le nom d’origine de l’organisme lors de sa création en 1944, soit « Bureau of Broadcast Measurement ». Au fil des ans, compte tenu de la nature changeante de l’industrie de la diffusion, l’organisme a changé de nom et, maintenant, on le connaît sous l’appellation BBM Canada, en anglais, et Sondages BBM, en français.

Qu’est-ce que Sondages BBM?

R.L. Sondages BBM est un organisme canadien de recherche sans but lucratif. Il est la propriété des stations de radio, des stations de télévision, des annonceurs et de leurs agences de publicité. Le principal mandat de Sondages BBM est de procéder à des sondages sur l’écoute de la radio et de la télévision dans le but de produire des données de cotes d’écoute d’auditoire.

Depuis quand fait-on des sondages BBM?

R.L. En fait, on produit des sondages radio depuis 1944 et des sondages télé depuis 1952. D’ailleurs, c’est l’année où la Société Radio-Canada a mis en ondes CBFT, le canal 2. C‘était la première station de télévision au Québec.

Quelle est l’utilité de sonder l’auditoire?

R.L. : Les sondages sont nécessaires aux diffuseurs pour élaborer leur programmation, que ce soit pour les émissions ou pour la musique; ça leur permet de vous offrir ce que vous désirez voir ou entendre. De plus, compte tenu que certaines questions sont liées aux habitudes de consommation des auditeurs, les annonceurs analysent ces dernières afin de déterminer leur clientèle cible.

Les sondages sont également intéressants pour le public. C’est un moyen de dire aux décideurs si les choix qu’ils font lui conviennent. Si presque personne n’écoute une émission de télévision ou de radio, le décideur doit comprendre que la clientèle n’est pas satisfaite des choix qu’il a faits, et il doit réajuster sa programmation en fonction des besoins exprimés par l’auditoire.

Est-ce que vous faites les sondages pour la télévision et pour la radio de la même façon?

R.L. : Dans les deux cas, on utilise des cahiers d’écoute. Par contre, pour la télévision, on a un outil de plus : l’audimètre. En ce moment, on est en période de transition puisque le système d’audimétrie électronique utilisé depuis quelques années va être remplacé à temps pour la saison télévisuelle 2004-2005 par l’audimètre portable (PPM).

Marion et Zacharie

Pouvez-vous nous expliquer le fonctionnement de tous ces outils?

R.L. Bien sûr! En ce qui concerne les cahiers d’écoute, chacun des ménages ayant accepté de participer au sondage reçoit un cahier par la poste. Les ménages qui répondent au sondage télé reçoivent un cahier d’écoute par téléviseur, et on demande à chacun des membres du foyer d’inscrire son écoute dans chacun des cahiers. En ce qui a trait à la radio, le principe est légèrement différent puisque chaque membre du foyer possède son propre carnet d’écoute. Dans les deux cas, afin de s’assurer que chaque membre du foyer inscrit correctement son écoute, on demande à un membre du foyer d’agir comme personne-ressource pour Sondages BBM.

En ce qui concerne l’audimétrie, l’audimètre électronique était jusqu’à tout récemment utilisé pour les sondages télé. Ces audimètres devaient être installés dans les foyers par un technicien de Sondages BBM. Chaque téléviseur et chaque magnétoscope du ménage faisant partie du panel audimétrique étaient reliés à un audimètre. Ce dernier avait pour fonction de recueillir l’écoute de la station de télévision syntonisée. Pour savoir qui regardait chaque émission, les audimètres étaient accompagnés d’une télécommande. Tous les membres de la famille se voyaient attribuer un bouton sur la télécommande qu’ils devaient activer et désactiver en fonction de leur présence devant le téléviseur. La nuit venue, les renseignements contenus dans les audimètres étaient transférés directement à Sondages BBM par la ligne téléphonique du foyer.

Quant à l’audimètre portable (PPM), son fonctionnement diffère totalement de celui de l’audimètre électronique. L’audimètre PPM n’est pas plus grand qu’un téléavertisseur. Il permet d’enregistrer l’écoute de la personne qui le porte, peu importe l’endroit où elle se trouve. Il fonctionne en détectant un code d’identification préalablement intégré dans la portion audio des transmissions. Ce qui est intéressant, c’est que la personne qui utilise un tel appareil n’a presque rien à faire, sauf de penser à le porter dès le matin et à le replacer sur son chargeur le soir venu. Tout comme dans le cas de l’audimètre électronique, les données enregistrées nous sont transmises à l’aide d’un modem téléphonique durant la nuit.

Que faites-vous avec les données qui sont recueillies?

R.L. : Plusieurs choses!!! Tout d’abord, après chacun des sondages, il y a toujours des rapports de base qui sont disponibles. Ces rapports sont adaptés aux besoins des membres selon qu’ils évoluent dans l’univers de la télévision ou dans celui de la radio. Cela explique, principalement, que les produits offerts diffèrent légèrement de l’un à l’autre. Par exemple, pour ce qui est de la télévision, on publie des rapports de marché, des rapports de portée ainsi que des rapports de portée avec sociodémographie spéciale, tandis que, dans le cas de la radio, on parle de rapports de marché et de rapports régionaux, de rapports de portée par marché central et de rapport de portée par comté.

Afin de combler leurs besoins particuliers, les membres peuvent également passer des commandes spéciales qu’on ajoute à leur rapport de base. Moyennant versement de leur cotisation annuelle, les membres reçoivent gratuitement une série de guides complémentaires aux produits de base. Sondages BBM leur offre également différents logiciels d’exploitation qui leur permettent d’extraire, de traiter, d’analyser, de personnaliser des données provenant de nos banques de données informatisées.

Est-ce que vous produisez des données en dehors des périodes de sondage?

R.L. : Sondages BBM produit des données quotidiennes mais uniquement pour la télévision. Ces données proviennent du panel audimétrique. Les membres de Sondages BBM peuvent les télécharger à partir de notre site Internet sécurisé et les traiter à l’aide des logiciels dont je viens de faire mention. Les données disponibles comprennent, entre autres, des données sur l’auditoire en fonction des heures d’écoute.

Quand les sondages ont-ils lieu?

R.L. : De 1944 à 1955, les sondages sont passés graduellement d’une fois tous les deux ans à une fois par année. En 1956, la fréquence a augmenté à deux fois par année. Et maintenant, les sondages avec les cahiers d’écoute sont réalisés trois fois par année, soit au printemps, à l’été et à l’automne, alors que ceux qui sont menés à l’aide des audimètres ont une fréquence quotidienne.

Comment sont sélectionnés les gens qui participent à vos sondages?

R.L. En général, les ménages sont choisis au hasard à partir de listes informatisées de numéros de téléphone tirés des plus récents annuaires. Ces listes nous viennent de plusieurs fournisseurs. Il nous arrive également d’utiliser l’ordinateur pour générer de nouveaux numéros à partir de ces listes téléphoniques. Ces numéros peuvent être confidentiels, ce qui explique qu’un ménage peut être contacté même si son numéro de téléphone n’est pas publié!

En ce qui concerne les panels audimétriques, on procède un peu différemment. Les ménages sélectionnés doivent répondre préalablement à un sondage téléphonique. Ensuite, en se basant sur les réponses fournies, on sélectionne un certain nombre de ménages représentatifs de l’ensemble de la population.

Quelle est la taille de l’échantillon lors d’un sondage BBM au Québec?

R.L. Parmi les trois périodes de sondage qu’on tient, la plus importante est celle de l’automne. Durant cette plage, il y a environ 21 000 personnes qui répondent chaque semaine au sondage radio, 18 000 au sondage télé par cahier d’écoute et 600 foyers qui font partie du panel audimétrique. Dans l’ensemble du Canada, Sondages BBM examine les habitudes d’écoute d’environ 85 000 personnes. Ça fait, croyez-moi, beaucoup de renseignements à traiter!

Comment se fait le découpage des zones géographiques sondées par BBM?

R.L. En premier lieu, il faut savoir que les antennes des stations de radio émettent moins loin que celles des réseaux de télévision. Il est donc normal que le territoire des sondages radio soit plus stratifié, plus morcelé que celui des sondages télé. Chez BBM, les concepteurs des sondages définissent les différents territoires d’étude à l’aide des données sur les subdivisions de recensement (SDR) du Recensement de la population de Statistique Canada, ainsi que des données de la Société canadienne des postes. Ce qui est important pour nous, c’est de nous assurer que la couverture géographique permet la représentation maximale des marchés cibles.

En terminant, quelle formation possèdent les gens qui travaillent pour une firme de sondage telle que Sondages BBM?

R.L. Les gens qui travaillent pour nous possèdent les qualifications les plus variées. Tout d’abord, on a des techniciens en sondage et des spécialistes de la recherche, mais également des gens qui ont une formation en administration, en marketing, en communication et, naturellement, en statistique. On s’entend, ce n’est pas tout le personnel de Sondages BBM qui a besoin de connaître la statistique. Prenons, par exemple, la personne qui travaille à l’envoi des cahiers d’écoute; je ne crois pas qu’elle ait vraiment besoin des « stats » pour effectuer son travail correctement! Par contre, en ce qui concerne le personnel affecté à la conception des sondages, au traitement des données, à la pondération des échantillons et à l'analyse, il est essentiel d’avoir une base dans le domaine, notamment en méthodologie d’enquête.

Je crois qu’on a fait le tour de la question. On vous remercie beaucoup d’avoir accepté de nous éclairer sur le sujet.

R.L. : Si vous aviez besoin de plus amples renseignements sur nos services, je vous invite à visiter notre site Web à l’adresse suivante : www.bbm.ca . Je crois, Zacharie, que tu en as fait mention tout à l’heure!

Effectivement, j’y suis déjà allé pour fureter! Il y a beaucoup de renseignements très intéressants.

Radio Énergie

13 h 30 – Arrivée à Énergie 94,3
Il y a plein de monde qui circule partout. Ça rentre et ça sort sans cesse de la station! Ouf! C’est assez pour nous donner le tournis!

Viens-t’en Zack, Radiola réceptionniste nous fait signe qu’on peut monter au bureau de madame Cloutier.

J.C. : Bonjour, les jeunes! Bienvenue dans les studios de Radio Énergie.

Merci!

J.C. : Si j’ai bien compris, lors de notre conversation téléphonique, vous vous intéressez aux sondages de l’auditoire et à l’utilisation qu’on en fait dans le quotidien.

C’est ça! On a une série de questions sur le sujet qu’on aimerait vous poser.

J.C. : Pas de problème! Je suis prête!

On commence! Avec quelle firme faites-vous affaire pour les sondages?

J.C. : Pour les sondages de l’auditoire, on fait affaire avec Sondages BBM. D’ailleurs, on est membre de la coopérative. Toutefois, pour certains sondages particuliers, comme des sondages d’opinion ou de recherche en marketing, on retient les services de la firme CROP.

Que faites-vous avec les données des Sondages BBM?

J.C. : On a un département de recherche qui analyse en détail les résultats tant des BBM que des autres sondages. Les données qui sont fournies par Sondages BBM sont très détaillées. On reçoit les habitudes d’écoute par sexe et par groupe d’âge, alors il est facile de savoir qui nous écoute : les hommes ou les femmes, leur âge, à quelle heure, pendant combien de temps, etc. Notre clientèle cible étant celle des 18 à 34 ans, si l’on s’aperçoit qu’on est en train de perdre un segment de notre clientèle, par exemple les femmes de 24 à 30 ans, aussitôt des stratégies sont adoptées pour récupérer cette part d’auditoire.

Qu’en est-il des autres types de sondages?

J.C. : Avant toute chose, ce qui est primordial pour une station de radio, c’est le choix musical! On doit offrir la meilleure sélection possible à nos auditeurs. Pour ce faire, on analyse les statistiques de plusieurs décomptes très importants. On regarde les grandes tendances mondiales. On mesure le taux de saturation des pièces, l’appréciation globale de notre clientèle. L’expérience, doublée d’une bonne analyse statistique, permet de savoir quand il faut faire jouer une pièce plus souvent, comme quand il est temps de la retirer des ondes.

Les sondages permettent également de vérifier la popularité de nos animateurs. Lorsqu’on choisit de syntoniser une station de radio, le style musical est important, mais aussi la personne qui parle. La personne ou les personnes qui animent une émission doivent savoir plaire à leur auditoire. Si l’on s’aperçoit qu’un animateur n’a plus la faveur du public et que l’on perd des auditeurs, il se peut que l’on doive envisager une réorganisation de l’équipe qui travaille à cette émission. L’inverse est aussi vrai : si la personne plaît énormément aux auditeurs, on va essayer de la garder dans l’équipe le plus longtemps possible!

Est-ce qu’il y a d’autres raisons pour que les sondages soient si importants?

J.C. : Oui, la publicité! Nous nous servons des sondages pour fixer notre grille tarifaire qui, par la suite, servira à la vente de l’espace publicitaire. Dans les faits, on utilise les sondages de l’automne et du printemps pour faire nos calculs, même s’il y a trois fenêtres de sondage par année. Il reste que le sondage d’automne est le plus important des trois, puisqu’il est en début d’année fiscale : il donne l’air d’aller à notre année, quoi!

Les cotes d’écoute déterminent les tarifs que doit payer chacun des annonceurs afin de diffuser sa publicité. Plus une émission est populaire, plus la seconde publicitaire de cette émission est dispendieuse. Dans le domaine de la radio, si tu te maintiens parmi les cinq stations les plus écoutées, tu deviens presque inévitablement un incontournable pour les annonceurs. Ces derniers, lorsqu’ils lancent des campagnes nationales, sont prêts à payer un certain prix pour que leur publicité soit diffusée aux heures de grande écoute. Ta popularité t’amène nécessairement des clients!

Qu’est-ce que vous changez en période de sondage par rapport à ce que vous faites habituellement?

J.C. : En période de sondage, « on met le paquet », si je peux m’exprimer ainsi. Lors des sondages de l’automne et du printemps, on établit toujours des stratégies qui visent d’abord à attirer de nouveaux auditeurs, ainsi qu’à maximiser la satisfaction de notre clientèle la plus fidèle. Pour ce faire, on essaie d’inviter les vedettes de l’heure. On va s’associer à des spectacles ou manifestations d’envergure. Souvent, on lance des concours avec recherche d’indices afin de forcer les gens à nous écouter. On va également multiplier les promotions. Bref, on essaie d’être aussi attirants que possible pour qu’il y ait le plus grand nombre possible de personnes qui nous écoutent. Les périodes de sondage sont comme les Jeux olympiques de la radio : chacun y va de sa propre stratégie afin de gagner sa place sur le podium!

En terminant, depuis votre création, quelle émission est allée chercher la plus importante cote d’écoute?

J.C. : Nul doute que c’est l’émission Les grandes gueules. Cette émission est tellement populaire que les cotes d’écoute dépassent régulièrement le million d’auditeurs. En 2002, les animateurs ont même été les récipiendaires du Ruban d’or dans la catégorie « Humour », et ce , pour la troisième fois. Le Ruban d’or est un prix remis annuellement par l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) pour souligner l’excellence d’une émission.

Je pense qu’on vous a posé toutes les questions qu’on voulait!

J.C. : Avant de partir, aimeriez-vous faire le tour de nos studios? Il y a justement une émission en ondes!

Ah oui! on aimerait bien!

Réseau TVA

15 h – On entre dans l’édifice de TVA sur le boulevard De Maisonneuve.

M.C. : Venez, ne restons pas dans le couloir, on va passer dans mon bureau. Bon, vous devez commencer à en savoir pas mal sur les sondages d’auditoire, Téléviseursi vous avez rencontré Robert et Johanne, mais je devrais quand même être capable de vous apprendre quelques particularités de l’univers de la télévision.

Est-ce que vous tirez vos renseignements sur l’auditoire uniquement de Sondages BBM?

M.C. : Oui et non. Oui, en ce qui concerne la mesure de l’auditoire; nos données proviennent exclusivement de BBM. Et non, en ce qui a trait aux habitudes de consommation ou aux styles de vie des téléspectateurs. Il nous arrive fréquemment de croiser les données de BBM avec celles d’autres enquêtes importantes, dont celles du « Print Measurement Bureau, PMB », qui mesure le comportement des consommateurs canadiens depuis un peu plus de 25 ans. Ces croisements de données permettent, par exemple, de savoir quel type d’émissions écoutent les consommateurs de telle marque de boisson gazeuse ou de telle sorte de chips! On peut faire cet exercice avec toute la grille horaire afin de mieux connaître nos auditeurs. Pour mesurer le taux de popularité de nos artistes, on retient également les services de la firme de sondage CROP pour mener des enquêtes auprès du grand public.

Quelle est la nécessité de croiser des données?

M.C. : Eh bien! L’un des buts d’un télédiffuseur est de toujours accroître sa part de marché. Pour ce faire, il faut recueillir le plus d’information possible sur les gens qui nous écoutent afin de bien combler leur attente télévisuelle!!! La grille horaire est conçue à partir des résultats d’écoute, mais aussi en fonction des habitudes de vie des gens. Je m’explique : si je sais que, de 6 h à 9 h, il y a beaucoup de monde qui écoute l’émission du matin et que les hommes sont plus nombreux que les femmes de 6 h à 7 h et que la majorité d’entre eux ont entre 25 ans et 55 ans, qu’ils sont des sportifs et qu’ils s’intéressent à la Bourse, alors on va faire passer le chroniqueur financier et celui de la mise en forme pendant cette tranche horaire. À l’inverse, aux heures où les femmes sont plus nombreuses à l’écoute, la programmation des émissions diffusées va refléter leurs intérêts!

Voyez-vous, c’est en croisant des données qu’on s’est également aperçu qu’à présent, les gens se lèvent et se couchent plus tôt. Le nombre de téléspectateurs augmente tôt le matin et diminue beaucoup après 22 h 30. Il faut donc établir notre programmation en tenant compte de ces changements importants.

Comment estimez-vous l’auditoire cible que devrait atteindre chaque émission?

M.C. : Généralement, on va essayer de comparer l’émission avec une autre semblable, ou on va tout simplement se baser sur des résultats antérieurs. On essaie d’estimer la réalité le plus fidèlement possible, mais on peut se tromper. On n’est pas infaillible! Surtout s’il s’agit d’un nouveau concept d’émission pour lequel il n’existe pas de comparable, la marge d’erreur peut être plus grande.

Comme on vous l’a probablement déjà mentionné, la vente de publicité est tarifée selon l’estimation que l’on fait du volume de l’auditoire. À la télévision, comparativement à la radio, l’écoute varie beaucoup d’une émission à l’autre. Les gens aiment «  zapper »! L’espace publicitaire de chacune des émissions n’a pas toujours la même valeur marchande; les tarifs fluctuent beaucoup d’une émission à l’autre. Compte tenu que les ventes publicitaires sont faites plusieurs mois avant la diffusion d’une émission, on remet gratuitement du temps d’antenne à l’annonceur si l’auditoire qu’on avait estimé est moins important que prévu.

Concrètement, qu’est-ce que la venue de l’audimètre portable va changer pour vous?

M.C. : Bien des choses! En ce moment, avec les cahiers d’écoute, il y a trois fenêtres de sondage fixes par année. Pendant les sondages majeurs de l’automne et du printemps, on met à l’affiche ce que l’on nomme « nos gros canons », c’est-à-dire les émissions qui sont susceptibles d’attirer le plus de téléspectateurs. Toutes les stations de télévision font la même chose. C’est la période où on lance également nos concours. Si on utilise un jour, dans l’ensemble du marché francophone du Québec, la technologie des audimètres portables, il n’y aura plus de fenêtres de sondage prédéfinies. Ce sera comme si on était continuellement en sondage! Ça va nous forcer à répartir les émissions à succès tout au long de l’année au lieu de les concentrer durant des périodes bien précises. Ce qui sera également différent, c’est qu’avec l’audimètre portable, on aura le meilleur des deux mondes, soit des données à la fois quotidiennes et détaillées.

Pourquoi parlez-vous toujours des sondages de l’automne et de celui du printemps, et jamais de celui de l’été?

M.C. : C’est très simple. L’été, les gens sont en vacances. Il fait beau. Ils écoutent beaucoup moins la télévision. De notre côté, à part quelques émissions qu’on produit uniquement pour la période estivale, notre programmation est moins considérable. Donc, les données du sondage de l’été ne reflétant pas l’écoute habituelle des téléspectateurs, on ne les utilise pas pour prendre des décisions très importantes.

Employez-vous des gens spécialisés en statistique pour analyser les sondages?

M.C. : On a un département de recherche qui emploie trois analystes. Ces gens sont surtout spécialisés en administration et en publicité, mais ils ont également acquis, durant leur formation scolaire, une base en statistique. Il le faut bien, puisqu‘ils traitent chaque jour les données audimétriques.

Madame Comtois, j’ai une dernière petite question! Lorsqu‘on consulte, dans le journal, le Top 20 des émissions les plus regardées, on constate que plusieurs sont diffusées à TVA. Comment expliquez-vous cet état de fait?

M.C. : On attribue cette popularité à notre concept rassembleur. On essaie de faire de la télévision pour toute la famille. Par exemple, lors des bulletins d’information, le chef d’antenne ne lit pas les nouvelles, mais il raconte l’actualité. Je pense que la culture d’entreprise compte également pour beaucoup. Les gens qui travaillent ici sont extrêmement fiers de faire partie de la grande famille TVA. Tous les employés partagent une belle complicité entre eux. On est tous sur un pied d’égalité et je pense que cela transpire à l’écran.

Avec toute l’information qu’on a amassée depuis le début de la matinée, je crois que je vais avoir de quoi écrire deux articles! Je réalise que les sondages sur l’écoute de la radio et de la télévision sont très importants si on veut vous aider à faire votre programmation.

En tout cas, si un jour je suis choisi pour participer à un sondage, je vais faire ça sérieusement!

M.C. : C’est tout à l’avantage des téléspectateurs!

Bon, on vous remercie d’avoir répondu si gentiment à nos questions!

M.C. Il n’y a pas de quoi! J’ai bien hâte de lire votre texte!

16 h 55 – Terminus d’autocars de Montréal

Vite, Marion! Dépêche-toi, on va manquer l’autocar de 17 h.

16 h 57 – On monte dans l’autocar tout essoufflés, mais bien heureux de rentrer à la maison!!!

 


 



© Gouvernement du Québec, 2004

 

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