| Panorama des conditions de vie des Québécois
Québec, le 16 juin 2005 – Cette étude sur les conditions de vie des Québécois permet de conclure que certaines d’entre elles s’améliorent et que d’autres se détériorent. Parmi celles qui se sont bonifiées, mentionnons que, depuis le début des années 2000, le taux d’emploi des mères québécoises avec conjoint et enfants de moins de six ans surpasse ceux des Ontariennes et des Canadiennes. De plus, entre 1983 et 2003, le nombre des crimes les plus graves contre la personne y a subi une importante diminution. Parmi les conditions de vie qui se sont détériorées, soulignons que le taux d’obtention du premier diplôme du secondaire diminue après 1995-1996 et que, parmi les dépenses des ménages québécois faites entre 1997 et 2002, celles des soins de santé ont augmenté le plus. C’est ce qui ressort d’une nouvelle publication de l’Institut de la statistique du Québec, Données sociales du Québec, édition 2005.
Mortalité et état de santé
La mortalité due aux causes externes, appelée aussi « mortalité violente », a baissé entre 1981 et 2002 de façon importante à tous les groupes d’âge, sauf chez les personnes très âgées. Chez les jeunes hommes et les jeunes femmes de 20 à 24 ans, le taux de 2002 représente respectivement la moitié et 70 % du taux de 1981. Parmi les personnes de 60 à 64 ans des deux sexes, le taux récent n’est que la moitié de celui de 1981. Les décès dus aux causes externes sont principalement liés aux suicides, aux accidents de véhicule à moteur et aux chutes chez les personnes âgées; ils comprennent aussi les décès dus aux noyades, aux homicides, etc.
En matière de santé, la population québécoise a des habitudes de vie différentes de celles de l’Ontario et du Canada : en 2000-2001, on y compte, en proportion, plus de personnes ayant un poids normal et de gens prenant chaque jour au moins cinq portions de fruits et de légumes, mais aussi plus de fumeurs et de consommateurs d’alcool.
Éducation
En matière de diplomation, entre 1975-1976 et 1995-1996, le taux d’obtention du premier diplôme du secondaire augmente de 57,0 % à 88,0 %; par la suite, il diminue et atteint 78,8 % en 2002-2003. À l’université, le taux d’obtention du baccalauréat, qui ne cesse de croître entre 1975-1976 et 1995-1996, passant de 14,9 % à 29,0 %, diminue par la suite jusqu’à 25,7 % en 2000-2001. Cependant, ce dernier taux devrait augmenter de nouveau avec la reprise de l’accès à ce niveau observée depuis quelques années.
Population active, conditions de travail et rémunération
La rapide évolution de la participation en emploi des mères de famille dont le plus jeune enfant a moins de six ans est un fait connu. Depuis le début des années 2000, le taux d’emploi des mères québécoises de 25 à 44 ans avec conjoint et enfant de moins de six ans surpasse en 2003 celui des Ontariennes (+ 4 points de pourcentage) et des Canadiennes (+ 3 points). Par rapport à 1976, le Québec suit la même tendance haussière qu’en Ontario et que dans l’ensemble du Canada, mais à un rythme plus rapide.
La progression du travail rémunéré chez les mères québécoises ayant un jeune enfant se traduit de plus en plus par des emplois à temps plein. En fait, de 1976 à 2003, la part des emplois à temps plein dans l’emploi total chez ces mères augmente de 10 points de pourcentage.
Revenu et patrimoine
Au Québec, entre 1981 et 2002, les revenus de retraite moyens des unités familiales (familles et personnes seules réunies) ont plus que quadruplé, passant de 706 $ à 3 344 $, en dollars constants de 2002. Par ailleurs, les revenus de placement sont nettement plus bas qu’il y a 20 ans (- 21 %) : 2 039 $ contre 2 569 $.
Dépenses des ménages
Les dépenses moyennes des ménages québécois ont augmenté de 8 % entre 1997 et 2002, en dollars constants de 2002. Celles qui ont le plus augmenté sont relatives aux soins de santé, en hausse de 43 % par rapport à 1997, soit 1 658 $ contre 1 161 $. Elles sont suivies des articles et accessoires d’ameublement (+ 27 %) et du transport (+ 24 %). Les seules dépenses qui ont diminué se rapportent aux imprimés et au poste « tabac et boissons alcoolisées ». La dépense annuelle pour les imprimés (livres, journaux et revues) a diminué de 12 % au cours de la période : 280 $ contre 248 $ en moyenne par ménage. Quant au tabac et aux boissons alcoolisées, leur achat a chuté de 9 % entre 1997 et 2002, passant de 1 695 $ à 1 545 $ en dollars constants.
Logement et transport
La proportion de ménages québécois qui consacrent 30 % et plus de leur revenu au logement diminue chez les propriétaires entre 1981 et 2001, tandis qu’elle augmente de façon substantielle chez les locataires (de 28,7 % à 35,9 %). Toutefois, ceux-ci semblent en meilleure position que les locataires ontariens ou canadiens où la hausse est encore plus considérable.
Entre 1980 et 2003, les taux de détention d’un permis de conduire des hommes de moins de 55 ans tendent à diminuer ou à se stabiliser. À partir de 55 ans, le taux de détention progresse régulièrement, notamment chez les 65-74 ans, en s’élevant de 65,1 % (1980) à 87,6 % (2003). Au contraire, chez les femmes, le taux de détention d’un permis de conduire tend à se stabiliser avant 35 ans; après cet âge, il continue d’augmenter comme c’est le cas chez les 35-44 ans (de 67,9 % à 85,0 %) et parmi les 65-74 ans où il connaît une hausse remarquable (de 12,4 % à 56,9 %).
Crimes contre la personne
Entre 1983 et 2003, le Québec a connu une importante réduction des crimes les plus graves contre la personne. C’est notamment le cas des homicides, dont le taux pour 100 000 habitants est descendu à 1,3, comparativement à un sommet de 3,3 atteint en 1985, soit une réduction de 59 % en 18 ans. En outre, les voies de fait graves, qui regroupent les agressions sexuelles armées ou infligeant des lésions corporelles (niveau II), les agressions sexuelles graves (niveau III) et les voies de fait graves (niveau III), mutilant ou défigurant la victime ou mettant sa vie en danger, sont passées d’un sommet de 1 018 en 1992 à 473 en 2003, soit une diminution de 54 %. De même, le taux de vols qualifiés est descendu à 93 pour 100 000 habitants en 2003, comparativement au sommet de 182 pour 100 000 habitants atteint en 1991, c’est-à-dire une réduction de 49 % en 12 ans.
Données sur Internet
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