Le réseau du patrimoine : un capital social à préserver
Québec, le 17 mai 2010 – Dans le réseau du patrimoine au Québec, 63 % des revenus proviennent du financement public, 26 % des revenus autonomes et 11 % du financement privé. C’est ce que révèle le cahier 11 de la série État des lieux du patrimoine, des institutions muséales et des archives publié aujourd’hui par l’Observatoire de la culture et des communications du Québec (OCCQ) de l’Institut de la statistique du Québec. Il s’agit du dernier cahier de la série; il présente une synthèse des résultats exposés dans les 10 autres cahiers, des indicateurs statistiques ainsi qu’une conclusion.
Nombreux mais petits
Les établissements du réseau du patrimoine sont de trois types : organismes en patrimoine, institutions muséales et centres d’archives. Ce réseau est fait de 1 075 établissements, essentiellement de petits établissements, dont la moitié ont moins de 34 452 $ en dépenses de fonctionnement. L’État des lieux, réalisé par l’OCCQ, permet de conclure que le réseau prend ancrage sur trois piliers majeurs qui font sa force, mais qui sont aussi source de précarité, à savoir le financement public, une main-d’œuvre dévouée et la générosité de milliers de bénévoles.
Un financement public majoritaire
Les établissements du patrimoine ont des revenus totaux de 437,0 M$ dont les deux tiers (63 %) proviennent du financement public. Vu la nature des activités de ces établissements sans but lucratif, il n’est pas étonnant de constater que le financement public est à la base de leur fonctionnement. Néanmoins, si on exclut les grandes institutions d’État (musées nationaux, Archives nationales) chez qui le financement public est évidemment très important, on constate que les établissements arrivent tout de même à générer 30 % de leurs revenus de manière autonome et 14 % à partir de sources de financement privées. Il appert que le financement privé n’est pas l’apanage des grands musées : sur les 48,7 M$ de financement privé reçus par le réseau du patrimoine, les cinq grands musées du Québec n’en ont récolté que 12 %.
On voit donc que les établissements du réseau du patrimoine font un effort notable pour générer des revenus autonomes (droits d’entrée, vente de produits dérivés et de services, etc.) et du financement privé (commandites, mécénat, dons), mais que l’engagement financier des pouvoirs publics demeure essentiel pour ces organismes et institutions qui sont gardiens de la mémoire collective.
Du personnel dévoué
Le personnel rémunéré est souvent peu nombreux au sein des établissements étudiés par l’OCCQ : les organismes en patrimoine disposent en moyenne de l’équivalent de 2,4 employés à temps complet, les institutions muséales de 9,9 et les centres d’archives, de 2,2 (ces résultats ne tiennent pas compte que 26 % des établissements n’ont tout simplement pas de personnel rémunéré). De plus, certaines données de l’OCCQ donnent aussi à penser que les salaires, pour un niveau de scolarité donné, sont moins élevés dans le réseau du patrimoine que dans l’ensemble de l’économie québécoise. Ajoutons qu’en 2004, les 15 000 bénévoles actifs dans le réseau du patrimoine ont donné l’équivalent de 180 000 jours de bénévolat.
L’engagement du personnel rémunéré et des bénévoles est un atout, mais aussi une source de précarité, car si cet engagement venait à s’amoindrir (par exemple pour des raisons démographiques ou générationnelles), les établissements se trouveraient fortement déstabilisés.
Ces données proviennent du cahier 11 de l’État des lieux du patrimoine, des institutions muséales et des archives, consultable sur le site Web de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec.
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Sources :
Christine Routhier
Chargée de projet
Observatoire de la culture et des communications du Québec
Tél. : 418 691-2414, poste 3053
Sylvain Carrier
Conseiller en communication
Tél. : 418 691-2403, poste 3329
Cellulaire : 418 655-2411
Institut de la statistique du Québec
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