Panorama des régions du Québec : bonnes performances dans la région de Chaudière-Appalaches et essoufflement dans les régions minières

Québec, le 19 juin 2015 – La région de Chaudière-Appalaches se positionne avantageusement selon plusieurs indicateurs. Ainsi, la croissance de son PIB pour le secteur des services compte parmi les plus fortes de toutes les régions du Québec en 2012. C’est dans la région de Chaudière-Appalaches que l’on trouve, en pourcentage, le moins de familles à faible revenu en 2012. De plus, selon les plus récentes données, elle est la région où le taux de chômage est le plus bas en 2014.

Parallèlement, en dépit des performances économiques qui les ont propulsées en tête de plusieurs indicateurs grâce à l’essor des activités minières, la croissance économique des régions de l’Abitibi-Témiscamingue et de la Côte-Nord semble s’essouffler en 2013. Même si le PIB et le revenu disponible par habitant y sont toujours parmi les plus élevés des régions administratives, leur rythme de croissance a nettement ralenti. De plus, les investissements dans le secteur minier sont en baisse dans ces deux régions.

Ces résultats sont tirés du Panorama des régions du Québec, édition 2015, publié aujourd'hui par l’Institut de la statistique du Québec sur son site Web. Cette publication analyse, compare et illustre l'évolution des 17 régions administratives du Québec à partir des statistiques les plus récentes sur diverses thématiques.

Vieillissement de la population plus rapide dans trois régions
Les régions de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, de la Mauricie et du Bas-Saint-Laurent se caractérisent par un vieillissement plus avancé de leur population. Dans ces régions, la part des personnes âgées de 65 ans et plus dépasse celle des jeunes de moins de 20 ans. À l’autre extrême, le Nord-du-Québec se distingue comme étant, de loin, la plus jeune région du Québec : l’âge médian y est de 29,2 ans en 2014.

Taux de faible revenu élevé à Montréal
En 2012, les taux de faible revenu des familles les plus élevés sont enregistrés dans les régions de Montréal et du Nord-du-Québec, soit 15,1 % et 14,5 %, respectivement. D’un autre côté, c’est dans les régions de Chaudière-Appalaches, de la Capitale-Nationale et du Saguenay–Lac-Saint-Jean que l’on trouve, en pourcentage, le moins de familles à faible revenu.

Hausse de l’emploi dans cinq régions
Entre 2009 et 2014, l’emploi connaît une hausse significative dans cinq régions administratives : Montréal, la Montérégie, Laval, la Capitale-Nationale et l’Abitibi-Témiscamingue. En revanche, une baisse de l’emploi est notée dans le Bas-Saint-Laurent. Les taux de chômage les moins élevés sont observés dans les régions de Chaudière-Appalaches, de la Capitale-Nationale et de la Montérégie. À l’autre bout du spectre, on retrouve celles de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, du Saguenay–Lac-Saint-Jean et de Montréal avec les taux de chômage les plus élevés. 

Faible PIB par habitant dans Lanaudière
La Côte-Nord enregistre encore le PIB par habitant le plus élevé en 2013, soit 81 184 $. Par contraste, à 24 758 $, le PIB de la région de Lanaudière est le plus faible. Par ailleurs, l’Outaouais voit son PIB par habitant augmenter de 0,2 %, soit le taux le plus faible de toutes les régions du Québec.

Permis de bâtir : bond dans le secteur institutionnel à Montréal
La valeur des permis de bâtir non résidentiels se concentre à Montréal, où elle représente près de la moitié du total québécois. Elle fait un bond spectaculaire attribuable principalement à la hausse des permis octroyés au secteur institutionnel dont la valeur est passée de 442 millions en 2012 à 2,3 milliards de dollars en 2014, probablement en raison des projets de construction ou de modernisation des grands centres hospitaliers.

Investissements miniers en baisse sur la Côte-Nord
Pour une deuxième année consécutive, les investissements miniers se replient en 2014 dans deux des trois grandes régions minières du Québec, la Côte-Nord et l’Abitibi-Témiscamingue. Elles affichent une décroissance de 63,6 % et de 6,4 % respectivement, par rapport à 2013. Seul le Nord-du-Québec, qui occupe toujours le premier rang des régions pour ce qui est de l’investissement minier, affiche une augmentation de l’investissement. En ce qui a trait aux livraisons minérales, leurs valeurs sont en hausse dans toutes les régions où se trouvent des mines, des usines de traitement et des complexes métallurgiques, à l’exception de la Côte-Nord qui subit une diminution de 3,9 %, en raison de la chute du prix du minerai de fer.

Regain de l’industrie manufacturière dans six régions
En 2012, les ventes manufacturières au Québec n’ont pas atteint le niveau de 2008, soit celui enregistré un an avant la récession, mais certaines régions ont réussi à effectuer un rattrapage complet et même à surpasser les résultats de 2008. C’est le cas du Bas-Saint-Laurent, de la Capitale-Nationale, de l’Abitibi-Témiscamingue, de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, de Chaudière-Appalaches et de la Montérégie.

Tourisme : hausse du taux d’occupation dans la Montérégie
Le taux d’occupation des résidences touristiques et des établissements hôteliers augmente en 2014 de 5,1 points de pourcentage par rapport à 2013 en Montérégie pour s’établir à 48,5 %. Il s’agit de la plus forte croissance de toutes les régions du Québec. En termes de taux d’occupation, Montréal, Laval et Québec occupent les trois premiers rangs avec des taux de 69,9 %, 68,8 % et 61,7 % respectivement.

Santé : disparité dans le ratio de médecins par habitant
Au Québec, le ratio de médecins est de 2,26 pour 1 000 habitants en 2013. Les régions sociosanitaires de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, du regroupement des régions du Nord-du-Québec et de Montréal sont celles où le nombre de médecins pour 1 000 habitants est le plus élevé, soit 3,34, 3,27 et 3,21 médecins pour 1 000 habitants respectivement. À l’inverse, les régions adjacentes à Montréal sont celles où la densité de médecins est la plus faible, avec des ratios variant de 1,39 à 1,61 pour 1 000 habitants.

Trois régions détiennent les plus forts pourcentages de diplômés universitaires
Les régions de Montréal, de Laval et de la Capitale-Nationale sont celles qui affichent les plus fortes proportions de leur population ayant obtenu un certificat, diplôme ou grade universitaire. Montréal ressort avec près de la moitié de sa population qui est titulaire d’un diplôme universitaire. Ces trois régions se caractérisent aussi par les plus faibles pourcentages de gens n’ayant aucun diplôme.

Concentration des diplômés en sciences, technologies, génie et mathématiques à Montréal
Près de la moitié des titulaires d’un grade universitaire supérieur et des diplômés en sciences, technologies, génie ou mathématiques habitent la région administrative de Montréal.

Hausse des dépenses publiques en culture dans presque toutes les régions
Les dépenses en culture de l’administration publique québécoise ont augmenté au cours de la récente décennie dans toutes les régions du Québec, à une exception près : la Côte-Nord est la seule à connaître une diminution de ces dépenses. Les dépenses liées à la culture se concentrent dans les régions de Montréal et de la Capitale-Nationale, avec respectivement 55,3 % et 24,9 % du montant total injecté à la culture au Québec en 2012-2013.

Statistiques par MRC

La publication contient également une section spéciale consacrée aux statistiques par municipalités régionales de comté (MRC), sous l’angle de trois indicateurs : la population, le revenu disponible par habitant et le taux de travailleurs. L’analyse de l’évolution de ces indicateurs révèle qu’il peut exister de fortes disparités entre les MRC d’une même région.


L'Institut de la statistique du Québec produit, analyse et diffuse des informations statistiques officielles, objectives et de qualité sur différents aspects de la société québécoise. Il est le coordonnateur statistique pour le Québec et la pertinence de ses travaux en fait un allié stratégique pour les décideurs et tous ceux qui désirent en connaître davantage sur le Québec.

Sources :

  • Marie-Hélène Provençal
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