Les jeunes Québécois quittent moins leur région d’origine et y retournent plus souvent

Québec, le 6 septembre 2017. – Les Québécois ayant amorcé leur vie adulte dans les années 2000 sont moins portés à quitter leur région administrative d’origine et un peu plus enclins à y retourner que ceux ayant franchi cette étape dans les années 1990. C’est ce qui ressort d’une étude sur les trajectoires migratoires de quatre cohortes de jeunes, publiée aujourd’hui dans le bulletin Coup d’œil sociodémographique de l’Institut de la statistique du Québec.

L’étude compare les parcours résidentiels au Québec des jeunes âgés de 16 ans en 1993, 1998, 2003 et 2008, qui ont été suivis jusqu’à l’âge de 23, 28 ou 33 ans. Parmi les jeunes de la cohorte 2008, 21 % ont quitté leur région d’origine au moins une année entre l’âge de 16 et de 23 ans, comparativement à 26 % de ceux de la cohorte 1993. De plus, parmi les migrants de la cohorte 2008, 24 % sont de retour dans leur région d’origine à 23 ans, contre 22 % dans la cohorte 1993. À 33 ans, la part des retours s’élève à 32 % dans la cohorte 1998, la dernière suivie jusqu’à cet âge, tandis qu’elle était de 30 % dans la cohorte 1993.

L’ampleur des départs varie grandement d’une région à l’autre

Montréal, la Capitale-Nationale et l’Outaouais sont les régions où les départs sont les moins nombreux lorsque les jeunes sont au début de l’âge adulte. Dans toutes les cohortes étudiées, environ 15 % des jeunes de ces trois régions ont vécu ailleurs au Québec au moins une année entre 16 et 23 ans, comparativement à plus de 30 % des jeunes de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, de la Côte-Nord et de Lanaudière. Lorsque les jeunes ont atteint le début de la trentaine, c’est toutefois Laval qui compte le plus de sortants. À 33 ans, près de trois Lavallois sur quatre ont quitté leur région au moins une année.

Laval affiche la plus faible proportion de retours

Les jeunes de la Capitale-Nationale, de l’Outaouais et de l’Abitibi-Témiscamingue figurent parmi ceux qui retournent le plus souvent dans leur région d’origine après l’avoir quittée. Plus du tiers des migrants y sont de retour à 33 ans. Les retours sont également assez fréquents dans les régions adjacentes à Montréal, à l’exception notable de Laval qui regagne au plus 20 % des jeunes qui en sont partis, soit la plus faible part au Québec.

Montréal attire moins de jeunes des autres régions que par le passé

Montréal demeure la première destination des jeunes migrants, mais sa force d’attraction est moindre auprès des plus récentes cohortes. Bon nombre de jeunes qui s’y établissent finissent également par repartir. La Capitale-Nationale se présente elle aussi comme un pôle d’attraction pour les jeunes au début de la vingtaine, tandis que les régions adjacentes à Montréal ainsi que l’Outaouais gagnent en popularité chez les jeunes qui arrivent au tournant de la trentaine. Quant aux régions les plus éloignées des grands centres, leur capacité à attirer des jeunes du reste du Québec apparaît limitée.

Les résultats proviennent d’une exploitation des données du Fichier d’inscription des personnes assurées de la Régie de l’assurance maladie du Québec. En tenant compte des trajectoires migratoires sur plusieurs années, l’étude jette un regard nouveau sur la capacité des régions à retenir et à attirer les jeunes adultes, qui constituent le segment le plus mobile de la population.

 


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