L’investissement et la production minérale au Québec en 2016 et en 2017 et perspectives pour 2018

Une reprise dans le secteur minier au Québec

Québec, le 12 avril 2018. – Après une forte baisse des investissements miniers, qui sont passés de 5,13 G$ à 2,49 G$ entre 2012 et 2015, et la chute de la valeur des livraisons minérales sous la barre des 8 G$ en 2015, les perspectives de croissance s’améliorent pour le secteur minier québécois.

En effet, le bilan de 2016 fait ressortir une augmentation des investissements miniers de 2,9 % par rapport à 2015 pour atteindre 2,57 G$. Selon les données provisoires, les investissements miniers 1 enregistrent une augmentation de 8,1 % en 2017 et se chiffrent à 2,77 G$. La valeur des livraisons minérales a pour sa part augmenté de 7,8 % en 2016 pour atteindre 8,11 G$, puis, selon les données provisoires, de 10,9 % en 2017 pour atteindre 8,99 G$.

Les intentions exprimées par les compagnies minières révèlent que le niveau d’investissement devrait augmenter de 22,2 % en 2018 et atteindre 3,39 G$. Selon les prévisions des producteurs miniers, les valeurs des livraisons devraient augmenter de 5,8 % et atteindre 9,52 G$.

Ces résultats proviennent du Recensement annuel sur l’investissement minier du Québec ainsi que du Recensement annuel sur la production minérale. Les plus récentes données de ces enquêtes sont publiées aujourd’hui sur le site Web de l’Institut de la statistique du Québec. Le bulletin Mines en chiffres – La production minérale au Québec en 2016 est également disponible à partir d’aujourd’hui.

L’investissement dans les principales régions minières du Québec

En Abitibi-Témiscamingue, où les activités minières sont surtout axées sur l’or, les investissements miniers ont connu des augmentations annuelles de 25,8 % en 2016 et de 32,2 % en 2017, passant de 895 M$ en 2016 à 1 183 M$ en 2017.

Dans les régions de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec, qui ont été particulièrement affectées par le recul du prix des métaux usuels et du fer, la baisse de ces investissements s’est poursuivie en 2016. Celle-ci était de 14,2 % pour la Côte-Nord, avec des investissements de 560 M$, et de 1,2 % pour le Nord-du-Québec, dont les investissements atteignaient 1 035 M$. En 2017, les investissements miniers ont augmenté de 17,3 % sur la Côte-Nord pour s’élever à 657 M$, tandis qu’ils ont diminué de 18,7 % dans le Nord-du-Québec pour atteindre 841 M$.

Les dépenses en infrastructures minières

Les investissements dans les infrastructures minières ont augmenté de 1,5 % en 2016 et diminué de 3,2 % en 2017 pour se situer à 2,27 G$ et à 2,20 G$ respectivement. En 2018, les sociétés minières prévoient dépenser 2,73 G$ dans les infrastructures minières.

En 2017, ces investissements comprennent 705 M$ de travaux généraux dans la roche pour l’aménagement de complexes miniers, 880 M$ de dépenses d’immobilisation et 611 M$ de dépenses de réparation et d’entretien pour les constructions non résidentielles, la machinerie et l’équipement.

Les mines d’or occupent une place prépondérante au Québec, représentant, en 2017, 53,7 % des dépenses d’investissement effectuées pour l’ensemble des mines québécoises. Les installations minières et de traitement du minerai de fer ainsi que les mines d’ilménite (fer et titane) et de niobium occupent la deuxième place (28,0 %), suivies des mines de métaux usuels (13,3 %).

Les dépenses d’exploration et de mise en valeur des gîtes minéraux

Les dépenses en travaux d’exploration et de mise en valeur des gîtes minéraux ont chuté de 68,9 % entre 2011 et 2015, passant de 834 M$ à 259 M$. Depuis, on constate une reprise avec une augmentation de ces dépenses de 14,6 % en 2016 et de 93,8 % en 2017, passant ainsi de 297 M$ à 577 M$. Selon les intentions exprimées par les compagnies minières, ces dépenses augmenteront de 13,9 % en 2018 pour atteindre 657 M$.

En 2017, le Nord-du-Québec cède le premier rang à l’Abitibi-Témiscamingue en ce qui a trait aux dépenses consacrées aux travaux d’exploration et de mise en valeur, qui se chiffrent à 298 M$ dans cette région, soit 51,8 % du total québécois. Le Nord-du-Québec est au deuxième rang avec des dépenses qui atteignent 239 M$ (41,4 %), suivi par la Côte-Nord avec 27 M$ (4,7 %).

Les métaux précieux, surtout l’or, demeurent les substances les plus recherchées au Québec en 2017 et représentent 72,9 % des frais d’exploration et de mise en valeur, pour un total de 420 M$. Ils sont suivis par les métaux usuels (10,6 %, soit 61 M$). Le lithium, le graphite et les terres rares correspondent quant à eux à 10,5 % des dépenses d’exploration et de mise en valeur de gîtes minéraux au Québec (61 M$).

Les livraisons minérales

La valeur des livraisons minérales a augmenté de 7,8 % en 2016 pour atteindre 8,11 G$, puis, selon les données provisoires, de 10,9 % en 2017 pour atteindre 8,99 G$. Enfin, selon les prévisions pour 2018, la valeur des livraisons devrait augmenter de 5,8 % pour atteindre 9,52 G$ (estimée selon la valeur moyenne des métaux en 2017).

En 2016, les trois principales régions minières du Québec se partagent 70,5 % de la valeur totale des livraisons minérales du Québec, soit 27,6 % (2,24 G$) pour le Nord-du-Québec, 25,5 % (2,07 G$) pour l’Abitibi-Témiscamingue et 17,4 % (1,42 G$) pour la Côte-Nord. La Montérégie, en raison de la présence d’usines de transformation des minéraux, est en quatrième position et compte pour 15,5 % (1,25 G$) de la valeur totale des livraisons.

La valeur des livraisons des substances métalliques en 2016 compte pour 83,7 % du total des livraisons minérales au Québec et atteint 6,79 G$, dont 40,7 % (2,76 G$) pour l’or, 37,5 % (2,54 G$) pour le minerai de fer, le fer, l’ilménite, le titane et le niobium, 17,6 % (1,20 G$) pour les métaux usuels, 0,9 % (0,06 G$) pour l’argent, et 3,3 % (0,23 G$) pour les autres substances métalliques. La valeur des livraisons des substances minérales non métalliques totalise 1,32 G$, dont 72,6 % (959 M$) proviennent des matériaux de construction et 11,2 % (149 M$) des mines de minéraux (diamant, graphite, mica, sel et silice).

Les emplois dans le secteur minier

En 2016, on dénombre 16 071 emplois (années-personnes) liés au secteur de l’exploitation minière, qui comprend l’extraction minière et certaines activités de première transformation des minéraux. La masse salariale correspondant à ces emplois s’élève à 1 632 M$. Il s’agit d’une hausse de 2,5 % par rapport à 2015 pour le nombre d’emplois et d’une hausse de 2,3 % pour la masse salariale.

En 2017, ce sont 15 376 emplois (années-personnes) liés au secteur de l’exploitation minière qui ont été répertoriés. La masse salariale correspondant à ces emplois s’élève à 1 666 M$. Selon ces données provisoires, il s’agirait d’une baisse de 4,3 % pour le nombre d’emplois, mais d’une hausse de 2,1 % pour la masse salariale.

Les emplois du secteur minier se trouvent majoritairement dans les trois principales régions minières du Québec en 2016, soit 23,0 % (3 697 emplois) dans le Nord-du-Québec, 22,4 % (3 603 emplois) en Abitibi-Témiscamingue et 15,2 % (2 440 emplois) sur la Côte-Nord. En Montérégie, les 2 645 emplois se trouvent principalement dans des activités de première transformation des minéraux et comptent pour 16,5 % du total des emplois liés au secteur de l’exploitation minière au Québec.

 

1. L’investissement minier regroupe l’ensemble des dépenses en travaux d’exploration et de mise en valeur d’un gîte minéral. Il comprend également les dépenses en travaux d’aménagement nécessaires à la mise en production d’une mine et au renouvellement des réserves de minerai, le coût de la construction d’infrastructures et de l’acquisition d’équipement et de machinerie liés au complexe minier, ainsi que les coûts de réparation et d’entretien requis pour maintenir la valeur des immobilisations.


L’Institut de la statistique du Québec produit, analyse et diffuse des informations statistiques officielles, objectives et de qualité sur différents aspects de la société québécoise. Il est le responsable de la réalisation de toutes les enquêtes statistiques d’intérêt général. La pertinence de ses travaux en fait un allié stratégique pour les décideurs et tous ceux qui désirent en connaître davantage sur le Québec.

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Sources :